Sans Légende (1990)

L’Affaire Louis’ Trio – Sans Légende / Photo de pochette : Thierry Mercadal

Vous avez remarqué ? Le Logo de L’Affaire Louis’ Trio a changé – exit la typographie façon affiche de cirque. la nouvelle identité visuelle du groupe commence par là, avec un « L » majuscule élégant.

C’est aussi la première pochette où L’ALT s’affiche en vrai, Cleet Boris, juché sur une malle (aux trésors ? à malice ?) a le regard dans le vague, Karl Niagara avec sa guitare (très présente sur ce disque) et Bronco Junior discutent. La pochette foisonne de détails : une licorne blanche, un tambour, un portrait , une mappemonde (celle de Copernic ?), un maneki neko (le chat porte-bonheur), une tête de vache (celle du capitaine Haddock dans Les 7 boules de cristal), des « gentils petits nains charmants » au milieu des fleurs, le soleil et la lune.

Élément central de cet inventaire à la Sgt Pepper : la toile  peinte où, en passant leur têtes, Cleet, Karl et Bronco pourront endosser leur rôle de Monsieur Loyal (Un homme heureux), de l’Hercule et du Clown.

Le titre de l’album Sans Légende, peut signifier qu’il n’a, en fait pas de titre, l’image et la musique se suffisent. Cela peut aussi vouloir dire que L’Affaire Louis’ Trio souhaite aller vers plus de réalisme dans le propos …

« Si tu crois apercevoir

Une sorcière en haut du placard

N’aie pas peur tu peux me croire

Ce n’est rien tout ça c’est des Histoires »

(Pour la Nuit)

En fait c’est un peu des deux, et Sans Légende est un grand album de transition qui mêle les deux mondes. Les musiciens qui accompagnent Cleet, Karl et Bronco restent globalement les mêmes (Ackermann, Gourru, Adenot, Fradin, Chionchini et les autres) mais c’est Dominique Blanc-Francard (avec l’ALT) qui produit le disque.

Dominique Blanc-Francard (qui avait déjà remixé la version single de Succès de larmes), imprime à ce troisième album une tonalité plus Pop (dans le sens noble du terme).

Image extraite du clip de L’Affaire Louis’ Trio – Chacun de son côté

Le ton est donné d’entrée avec Chacun de son côté, soutenu par une guitare sèche du meilleur effet. Cleet Boris frappe fort avec ce morceau Pop parfait, à la hauteur des productions anglo-saxonnes (Beatles, Crowded House ou Prefab Sprout). Chacun de son côté, c’est « le » morceau de rupture qui me met immédiatement en joie (un comble !) – mention spéciale pour les claviers (Francois Lebleu/Bronco Junior ?) dont le riff égale dans mon cœur celui de Al Kooper à l’orgue Hammond sur Like a Rolling Stone de Dylan.

L’album conjugue, à part égale, et avec bonheur, les morceaux doux ou intimistes et les morceaux plus énergiques ou Louis’Trioesques. On a vraiment du mal à trouver des défauts à cet album tant il arrive à nous faire passer par toutes les émotions.

Les yeux fermés est une chanson d’amour, que vient immédiatement contrebalancer Le chat a toujours raison, chanson à double lecture, enfantine et plus adulte, d’une histoire où Alice quitte le Petit Prince pour un autre.

C’est pas ma vie est du pur Louis’Trio :une chanson drôle qui n’a pas oubliée d’être profonde.

Il est parfois difficile d’accepter le sort que la vie vous réserve, particulièrement quand une Balle perdue vient vous enlever votre père, comme cela a été le cas pour les frères Mounier. Le morceau est un choc, une intrusion brutale du monde réel dans un monde fantasmé. Hubert Mounier y signe un texte direct qui dénote avec ses habitudes même s’il prend la précaution d’y mettre des distances : Hubert semble parler des autres (« ils », « tu », « elle ») mais jamais de lui-même.

Pour la nuit est la première des très belles berceuses que Hubert/Cleet composera. Vincent n’est pas en reste avec Les Arbres verts sous lesquels j’aime toujours me promener, même après tout ce temps.

« Elle se donne des noms d’oiseaux

Pour voler plus haut

Et chanter les mots

Elle se donne le temps qu’il faut »

Mais la chanson que je préfère sur cet album, c’est sans doute Le bal des regrets, pour les larmes que me tirent la progression de ces arrangements de cordes, et ce texte magnifique qui font que oui, « au bal des regrets, on est tous invités ».

Si les cuivres se sont fait plus discrets sur cet album, ils reviennent nous accompagner pour un final explosif avec Nous, on a tout (sorti en single et mouts remixes) et La Peau, véritable sommet swing où un Cleet Boris, métamorphosé en Cab Calloway au Cotton Club, finit par avoir la nôtre !



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